Les violences conjuguales et si on en parlait?

Nous assistons de plus en plus à des violences conjuguales qui mènent même à la mort parfois. Nous nous demandons tous pourquoi ces femmes restent-elles dans cette situation. Et si l’on essayait de les aider?…

L’OMS a listé ce qui selon serait la cause de ces violence. Entre autres, nous pouvons citer

  • ne pas obéir à l’homme ;
  • lui répondre ;
  • ne pas avoir préparé le repas à temps ;
  • ne pas bien s’occuper des enfants ou du foyer ;
  • interroger l’homme sur des questions d’argent ou au sujet de petites amies ;
  • aller quelque part sans l’autorisation de l’homme ;
  • refuser de coucher avec l’homme ;
  • l’homme soupçonne la femme d’infidélité.”

Ces raisons sont-elles suffisantes pour bastonner une femme? Qu’est ce qu’aimer signifie quand une femme est battue ou injuriée quotidiennement par son conjoint? Il est inconcevable de défigurer une personne pour cela. Nous avons tendance à traiter les femmes dans ces situations d’idiotes… Mais savons-nous réellement ce qu’elles vivent? La pression psychologique dans laquelle elles se trouvent, les menaces auxquelles elles font face tous les jours?

LIRE AUSSI: Les violences sexuelles faites aux femmes

<<J’étais menacée et frappée chaque jour par mon époux. Il pointait une arme sur ma tête de temps en temps en menaçant de tirer. Ses collègues lui disait quelques fois en ma présence, ta femme là on risque de finir avec elle.>> dit une anonyme qui n’avait que 20 ans à l’époque.

Dans ces moments là, il est important d’être bien entouré. Cherchez du soutien auprès de vos proches, de vos amis, des membres de votre famille. Ils sauront vous conseiller et vous permettront de sortir de votre solitude. Même si ce n’est pas toujours le cas parce que des proches complices, il y en a. Une autre victime disait “Au début, je me confiait à mes ami(e)s jusqu’à ce que je découvre que la plupart de ces personnes, me menait à “l’abattoir” pour une modique somme de 20000frs ou 30000frs parfois. Ils suffisaient qu’elles racontent des insanités sur moi à mon mari pour qu’il leur donne de l’argent. J’ai fini par me renfermer.”

Néanmoins, vous pouvez entrer en contact avec des associations qui sauront vous soutenir et vous aider dans la prise de décision. L’Association ivoirienne pour la défense de la femme (AIDF) par exemple.

Prévenez également les voisins, même si cela n’est pas forcément facile. Vous pouvez convenir avec eux d’un plan d’action en cas de nouvelle agression de la part de votre conjoint.

Prévenez aussi vos enfants et donnez leur des consignes à appliquer en cas de nouvelle agression : appeler la police, sortir de la maison, se réfugier chez les voisins etc.

Enfin, il est important de prévoir un départ en urgence. Vous devez avoir à tout moment près de vous les copies des documents importants (papiers d’identité, portefeuille etc.). C’est ce qu’a choisir de faire cette victime qui grâce à ses activités avait des moyens de se le permettre. Elle s’est finalement réfugié à l’extérieur du pays pour fuir son boirreau en laissant son enfant à sa famille. Enfant qu’elle ne reverra que des années plus tard lorsque ce monsieur n’était plus en état de nuire.

En Côte d’Ivoire, vous pouvez joindre ces numéros d’urgence :

  • -20 25 00 40;
  • 03 79 91 44;
  • 100 ou 111.

Il existe des Bureaux d’Accueil Genre au sein des Commissariats de Police chargés de la prévention, de la répression de ces actes et de la prise en charge des victimes de Violences Basées sur le Genre (VBG) sur toute l’étendue du territoire national.

En 2019, selon une enquête menée par l’ONG de défense de leurs droits CPDEFM, le taux de victimes de violences conjuguales s’élevait à 70% à Abidjan.

Leave a comment

ivoirienne © 2020.

Tous les droits réservés.