C.J. Walker, une blanchisseuse devenue première femme millionnaire des États-Unis

Sarah Breedlove est la première femme millionnaire des Etats-Unis. Née en 1867 à Delta dans un village de la paroisse de Madison. Fille d’anciens esclaves (Owen et Minerva Breedlove), elle est venue au monde à l’aube de l’abolition des esclaves. Après avoir perdu ses parents, elle a grandit avec sa sœur à Vicksburg dans le Mississippi. À l’âge de 14 ans, elle se marie avec un ouvrier qui décédera 6 ans après.

Elle s’est donc occupée toute seule de leur unique enfant, leur fille Lelia, née deux ans plus tôt. Pour subvenir aux besoins de sa fille, elle travaillait comme blanchisseuse afin de gagner un peu d’argent. Mais au fonds d’elle, Sarah Breedlove voulait plus que ça. Elle rêvait d’un avenir meilleur pour elle et sa fille.

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C.J.Walker dans l’entrepreneuriat

Autodidacte, elle décide de lancer sa propre marque de produits capillaires pour inciter les femmes noires à aimer leurs cheveux et à les mettre en valeur avec des produits adaptés.

« Je suis une femme originaire des champs de coton du Sud. De là, je suis devenue blanchisseuse. Puis, par la suite, cuisinière. Enfin, je me suis lancée dans le business des produits cosmétiques et capillaires. » Ainsi parlait, évoquant son remarquable destin, Sarah Breedlove, plus connue sous le nom de Madam C.J. Walker.

L’origine de son succès

Aux Etats-Unis, rares sont les Afro-Américains qui ne connaissent pas la légende, racontée par l’entrepreneuse elle-même, de l’origine de son succès. C’était au début des années 1900. Affligée d’une maladie du cuir chevelu qui lui faisait perdre ses cheveux, Madam C.J. Walker avait essayé, sans succès, toutes sortes de remèdes. Une nuit, elle fit un rêve.

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C.J. Walker, une blanchisseuse devenue première femme millionnaire des États-Unis – livoirienne.com

« Dans ce rêve, un gros homme noir m’apparut. Il s’assit à côté de moi et me dit quels éléments mélanger pour élaborer une préparation qui guérirait mes cheveux. La plupart de ces ingrédients venaient d’Afrique. Le lendemain matin, je fis ce qu’il m’avait dit et appliquai le produit sur ma tête. Tous mes problèmes disparurent. Je décidai alors de vendre cette préparation à toutes les femmes noires affligées des mêmes problèmes. »

L’art du marketing

Elle avait un étonnant sens du marketing. Ayant très bien compris l’importance de la publicité, elle est la première à montrer, dans ses encarts, un visage avant et après traitement. Surfant sur la soif de reconnaissance des classes moyennes noires, elle se fait appeler Madam C.J. Walker, une petite révolution chez les Afro-Américains que les Blancs, depuis toujours, appellent par « Oncle » et « Tante » ou par leur prénom, suscitant en retour un vrai sentiment de fierté parmi ses congénères. Notons que Walkers était le nom de son dernier époux.

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L’usine de C.J.Walker – livoirienne.com

Ses recettes étant “incontournables”, contribuent au développement très rapide des commandes. Shampoings, savons, produits capillaires… Au fil des années, de nouveaux produits s’ajoutent au Wonderful Hair Grower. Madam C.J. Walker est en fait la première à créer une ligne complète de produits cosmétiques de marque destinés à la communauté noire des Etats-Unis…

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En 1910, afin de répondre à la croissance des ventes, l’entrepreneuse fait construire une usine à Indianapolis, la principale ville industrielle des Etats-Unis. Elle y emploie une centaine d’ouvrières. Ses produits sont vendus dans tout le pays par l’intermédiaire d’un réseau de représentantes qui, à sa mort, comptera plus de 3.000 personnes. Elle ouvre également, dans les principales villes des Etats-Unis, des salons spécialisés dans les soins capillaires.

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C..J.Walker au volant de sa voiture avec des amies – livoirienne.com

Devenue très riche, se montrant volontiers au volant d’une automobile, Madam C.J. Walker habite désormais dans une grande villa qu’elle s’est fait construire près de New York, la Villa Lewaro. Elle compte pour voisins les industriels Jay Gould et John D. Rockefeller… 

En 1917, elle organise une conférence mémorable à Philadelphie, dans laquelle elle incite les femmes à se lancer dans l’entrepreneuriat et à saisir les innombrables opportunités qui en découle pour garantir leur émancipation. Cet événement est le premier rassemblement national des femmes entrepreneures aux États-Unis. Elle avait une avance sur son temps.

Sa fille se chargera de gérer l’entreprise pendant ce temps, elle vire vers l’activisme et la philanthropie, faisant don de plus de 100 000 dollars à des orphelinats, institutions etc.

C.J.Walker honorée

Entrepreneuse à succès, c’est aussi une philanthrope généreuse prompte à aider la cause des Noirs et à combattre les lynchages. Lorsqu’elle meurt en 1919, à cinquante et un ans, c’est l’un des membres les plus respectés de la communauté noire américaine mais aussi des élites blanches de la côte Est. A sa mort, son testament précise que les deux tiers de ses profits futurs seront reversés à des œuvres caritatives. Son entreprise a cessé ses opérations en 1981. Mais la marque a été relancée des années plus tard.

Madam C.J. Walker est inscrite au National Women’s Hall of Fame. Un timbre à son effigie est émis en 1998 par le United States Postal Service (USPS). Il fait partie d’une série consacrée à l’histoire des Afro-Américains.

Encore aujourd’hui l’histoire la première femme millionnaire des Etats-Unis inspirent les afroaméricaines.

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